Septembre 2006.

Les pigeons se font plumer.

 Je vous parle d’un temps que les moins de 60 ans ne peuvent pas connaître, un temps qui a vu naître une station de radio dont l’émetteur était dans la Forêt Noire, un temps où  la TSF était le cœur de la maison. Un temps où le dimanche soir passait sur les ondes un feuilleton radiophonique qu’il n’était pas question que je loupe. « Les pigeons se font plumer » il faut l’entendre en français avec un accent américain très prononcé dit par Eddie Constantine, acteur de cinéma faisant une carrière en France, à 10 ans je lui trouvais un charme fou…Donc le dimanche soir, déménagement du poste du salon dans notre chambre, déjà les branchements électriques hasardeux n’avaient pas de secret pour moi, faire suivre l’antenne et chercher la station prenait un bon moment, mais à l’heure précise du générique j’avais l’oreille collée au poste, les yeux rivés sur l’œil magique vert, signe que la réception était bonne, enfin pas trop grésillante, et pendant 30 mn j’imposais à Sister les aventures de Lemmy Caution.

Depuis je suis une inconditionnelle de la radio et contrairement à la télé pas du tout zappeuse. Quelques années plus tard, SLC salut les copains rassemblait tous les adolescents autour du transistor, adieu la TSF, encore un peu plus tard nous vivions mai 68 en direct et aujourd’hui le premier geste du matin est d’appuyer sur le bouton dispensateur de mauvaises nouvelles, mauvaise météo, mais je suis fidèle.