Hier en traversant la forêt de Fontainebleau j’ai vu qu’elles étaient toutes là, court vêtues, bravant le froid, téléphone vissés à l’oreille, attendant le client.

Fin novembre je passais par là avec Henri et quand il m’a demandé ce qu’elles faisaient il  m’a bien fallu m’y coller à l’explication.

Eviter le jugement, la morale, laisser poindre la compassion, expliquer la chute du mur, les souteneurs, le danger, la spirale de « pas d’chance » qui peut amener une femme souvent très jeune à rentrer dans le circuit, survoler sans le gommer le côté sexuel, bref je pense m’en être à peu près bien sortie,  sans doute un peu troublé il n’a pas posé sa question préférée : ça gagne bien ?

Mais avec Henri on n’est jamais à l’abri de rien, il a conclu la conversation avec : Elles seraient mieux dans leur salon quand même.

Trop épuisée je n’ai  pas expliqué que sans doute elles vivaient au mieux dans une caravane sans chauffage, nous étions presque arrivés, fin de la discussion.